lundi 22 février 2016

Résilience, j'écris ton nom !

D’une masse l’autre

Cercles perpétuels
Qui enferment

Masse des réfugiés
Générations sacrifiées
Ribambelles d’enfants noyés

Masses populaires
En leurs enceintes protectrices
Supposées démocratiques
À devenir extrémistes
Ou d’autres mots en « iste »

Mass media
À faire verser des larmes
Lorsqu’un enfant sur une plage
À le faire aussitôt oublier
Comme s’il n’avait jamais existé

Des nombres et des ombres
Disparitions consignées
Cahiers d’écoliers
Qu’ils auraient pu devenir

Colonnes muettes
Des chiffres en croissance
Des pages et des pages
À recouvrir les plages

Un seul a failli
Les masses
Réveiller

Dernier baisé salé
Sur un sable mouillé

Il était une fois
Alan Kurdi
Nommé Aylan

Des larmes à l’indifférence
Du silence à l’oubli

Depuis
Une multitude
Au fond de l’eau
Les yeux clos

Il était une fois
Une terre liberté
Où l’égalité
La fraternité

Un à un
En partance
Vers ce rêve lointain

Et les pas s’effritent
En chemin
Sur les murs érigés

Talons d’Achille
Des démocraties versatiles

À faire hurler

Résilience
J’écris ton nom

Résilience
Comme une errance

L’enfant migrant
Autrefois les cigognes

dimanche 31 janvier 2016

Quand l'argent a plus de valeur qu'une vie humaine...Le colibri contre Hassan Rohani !

26 janvier 2014, le jeune poète iranien, Hashem Shaabani, a été condamné à mort et pendu en Iran, sous le régime du Président Hassan Rohani. Le supposé « modéré »…ainsi à l’époque nommé !

26 janvier 2016, l’Europe déroule le tapis rouge, à ce même Hassan Rohani, faisant fi de ses propres valeurs, jusqu’à l’autocensure pour ne pas froisser ni choquer celui qui a les poches pleines, mais l’esprit étriqué.

Statues de pierre, corps de femmes de chair, enfermées sous la même tissure de pensées moyenâgeuses, avec lesquelles l’Europe et la terre des droits de l’homme négocient honteusement.   

Tapis rouge pour Rohani. Rouge comme le visage de l’ignominie. Rouge comme le sang versé par ce dernier contre tous les opposants, artistes, poètes et tous ceux qui osent le chemin de la créativité, de la liberté et refusent d’être enfermés dans le donjon de l’obscurantisme. Rouge comme ce sang figé un soir de janvier dans les veines du poète. Mais quel prix vaut aujourd’hui la poésie et la vie de tous ceux… ?

Tout cela pour que les industries de nos pays en crise et leurs actionnaires. Tout cela sous couvert de l’emploi, pour faire taire les contestataires et les précaires. Le bon dos de l’emploi, que nos dirigeants…incapables de développer par leurs propres moyens...les mains propres !

Vers quel monde nous entraînent ces pages sombres de notre histoire où l’obscurantisme et le totalitarisme reprennent des couleurs, alors que nos sociétés libres, démocratiques  et laïques les croyaient à jamais éradiquées.

Belle Europe, terre de liberté prometteuse, tes valeurs pionnières s’effritent et Schengen, ton espace liberté, aujourd’hui mutilé, menacé, en danger. Un à un les murs érigés. Visibles ou invisibles. Faire tomber celui du silence derrière lequel toutes les lâchetés du monde se dissimulent à faire croire qu’elles n’ont pas d’autres choix.

Résister, pour que les générations à venir ne puissent pas accuser celles de ces temps obscurs de complicité passive et peut-être un jour de crime contre l’humanité.

Que la liberté, l’égalité, la laïcité s’assument dans leur légitimité universelle, comme une voie fondamentale, qui doit sans peur retrouver de la voix contre tous ceux qui jouent au poker menteur dans les zones grises où le compromis y cultive ses plus belles lettres de fausse noblesse.

Aucun homme, ni aucune femme de conviction, quant à leurs valeurs, ne jouent contre leur propre camp, mais quand ce camp devient méconnaissable, la liberté de dire doit primer et le colibri ne pas se sentir isolé.  

mardi 19 janvier 2016

Michel Tournier où les limbes d’un fil éternel

Avoir écrit toute une vie et s’éteindre, parce que le temps...et les chairs périssables.

Malgré la noblesse de l’esprit, l’intemporalité des écrits et cette âme qui immuablement transcende…la nouvelle est tombée, comme un couperet. Parce que la vie est ainsi...

À 91 ans, l’écrivain nous a quittés.

Plume à la main. Plume au vent. Peu importe les tourments et les temps. Seul celui où la partition du vivant collait magnifiquement au corps de ses lettres éternelles.

Ce soir-là est arrivé, en ce début d’année…parce que la vieillesse finit toujours par emporter sans se soucier de l’instant et du peu de temps qu’une vie laisse. À 91 ans n’est-on pas encore un enfant, comme l’ont murmuré les plus grands ?

Cette vieillesse, qui encore une jeunesse dans l’esprit de celui, n’est-ce pas elle qui révèle le moment venu ? Ce moment où l’on sent l’étau du temps sur nos pas lentement... Ce moment où l’on commence seulement à entrevoir la silhouette de cette création qui depuis l’enfance. Ce moment qui évince nos illusions trompeuses, à nous retrouver, telle une graine de vie, prête à être replantée sur un sol nouveau pour que germe tel que, tout ce qui notre vie a tenté de nous dire, là où ailleurs nous cherchions.

Espérances de nos pas, de nos actes, de nos mots, de tous ces voyages intérieurs dont la plume la lueur.

Une à une les pages. Empreinte définitive de ce qui fut une vie où nos plus belles ébauches sur lesquelles nos fondations.

Chaque œuvre finira par toucher les cœurs et chacune sera la somme de toutes ces quêtes où le créateur. Ces quêtes vers lesquels certains mystères finissent parfois par succomber face à tant de persévérance.

Je suis. J’ai été. J’ai vécu. Existé. Ecrit, tant écrit…Et puis un jour de janvier, certains naissent, d’autres s’éteignent sur cette terre qui reprend ce souffle qu’elle a eu, dans un temps proche ou lointain, la nécessité salvatrice, mystérieuse de créer.

Ce soir, il n’est nul besoin d’avoir connu ou lu Michel Tournier pour sentir la puissance de ce fil qui relie tous ceux qui comme lui jamais ne renonceront. Lui, qui savait que seule l’enfance. Lui, qui a su traverser les mondes pour que l’imaginaire marche toujours sur ce pont où les mots construisent des tracés éternels pour que notre innocence ne s’égare jamais complètement.

Chaque fil relie. Et ce soir, il en est un tout particulier qui nous dit : tenez, prenez, c’est à vous maintenant.

Ecrire est une voie qui rend visible ce fil sur lequel l'âme.

mardi 8 décembre 2015

Anselm Kiefer - l'alchimie du livre (exposition BNF) - Impressions

Fragments d'un carnet,

Lorsque je me retrouve face à une œuvre d’Anselm Kiefer, je suis dans la conscience d’une transcendance éveillée que les limites de la pensée m’empêchent de clarifier, de nommer.

Je demeure dans la puissance d’une présence. Simple force d’une rencontre à accepter comme telle.

Pénétrer le monde d’Anselm Kiefer, c’est pousser la porte d’un livre que je n’ai pas encore écrit et dont son œuvre m’en révèle le tracé. Il touche le centre de cette énergie qui m’alimente. Rien ne sert de vouloir tenter d’analyser à perfection cette traversée, qui chaque fois me bouleverse, car à peine ébauchés les mots deviennent des pattes de mouches grossières sur la paroi satinée de son monde.

Lorsque je me suis retrouvée dans cette bibliothèque privée, aux livres gigantesques, aux matières nouées, fusionnelles, composites ; où des livres aux dimensions monumentales donnaient l’envie de faire de notre peau le parchemin de ces feuilles destins, j’ai soudainement eu l’intense désir de me mettre en quête d’un livre à écrire à taille humaine, comme si chaque page était le drapé d’un lit qui accueillerait le corps en son encre.

Prendre la plume à une tout autre échelle. Ecrire sur des pages immenses comme des vagues blanches pour tenter de surfer, comme autrefois, sur ces grands tableaux noirs de l’enfance sur lesquels la craie crissait, dans le silence des peurs, des rêves et de tout ce que la vie en devenir esquissait.

S’emparer de cette plume-là, comme celui qui a osé pour nous la voie. Matières vertigineuses où les plus audacieux traversent à ne plus feindre, sans jamais craindre, afin que l’aube vers sa lumière, maintes fois altérée, retrouve sa véracité.

Face à un tel carnet…J’imagine déjà l’inconfort du corps. Comment se tenir. Oser gravir. Quelle posture prendre pour que la continuité des lettres ne devienne pas une douleur physique qui altèrerait le flux naturel de cette quête du sens où les mots surgissent du néant vers le vivant.

Tout est à revoir dans notre façon d’entrevoir, de percevoir. Voir... Une autre destinée. 

Ces livres gargantuesques sont comme des ailes de plomb dont la légèreté aérienne ne peut que nous conduire à la lisière du réel, aux confins de l’imaginaire. Des seuils où les matières s’enchevêtrent, à nous offrir des mondes aussi familiers qu’étrangers.

Je rêve déjà de ce lit aux pages ouvertes sur lequel je coucherai des mots nouveaux, à faire fi de pareils défis. Un livre à ciel ouvert où l’intérieur de l’être.

 

samedi 5 décembre 2015

Prendre parti - Un acte citoyen

Un acte citoyen
Prendre parti

Celui de la liberté

Celle de dire
Celle d’oser
Celle de cesser de croire

Croyances
À devenir
Un copier-coller
D’un monde barbelé
Sans reflet

Miroir ou masque
Etale
Mer d’huile
Où l’ignorance et la peur
Devenues fer de lance

Où les frontières éthiques
Se franchissent
Sans état d’âme
Dès que l’appât du gain
Ou du pouvoir
Horizons miroitants
 
Alors
En ce contexte régression
Où le Moyen-âge a de beaux jours devant lui
Comme une renaissance des ignorances
 
Se draper de la plus belle des libertés
Celle d’un corps nu et sans idées reçues
Tel un nouveau-né
 
À ne céder la place
À aucun dieu
À aucun dogme
À aucun obscurantisme
Ou totalitarisme
 
Pas la moindre parcelle de peau
Pour leurs remèdes placebos
 
Il est grand temps
D'affirmer haut et fort
Que le pays des droits de l’homme
Doit se réveiller de la torpeur manichéenne
Dans laquelle le Front
 
Cette tumeur doit cesser
D’annexer notre terre liberté
 
Prendre parti
C’est ne pas vouloir croire
Que cette maladie mentalement transmissible
Qu’est la bactérie frontiste
Va altérer nos terres
À faire dire à l’histoire
Il y a quelque chose de pourri au pays des droits de l’homme

 


 

dimanche 29 novembre 2015

Intemporel Yunnan...Vestiges d'un monde (fragments d'un carnet)

 Yuanyang - octobre 2015

Yuanyang - octobre 2015
 
Dongchuan - octobre 2015

Dongchuan - octobre 2015

Dongchuan - octobre 2015

Dongchuan - octobre 2015

Yuanyang - octobre 2015
 
Région de Yuanyang (village Hani) - octobre 2015

Région de Yuanyang (village Hani) - octobre 2015

Région de Dali - (séchage des nouilles) - octobre 2015

 Yuanyang - (fabrication du tofu) - octobre 2015
 
                                          Yuanyang - (fabrication du tofu) - octobre 2015
 
Région de Dali - (séchage des nouilles) - octobre 2015
 
Yuanyang - octobre 2015
 
Région de Yuanyang (village Hani) - octobre 2015

Yuanyang - octobre 2015

samedi 21 novembre 2015

La vieille dame et son déambulateur dans Paris n'a pas peur

17 novembre 2015. Ce soir-là, en rentrant chez moi, je suis arrivée comme à l’accoutumée au Luxembourg, la plaque tournante qui me conduit ou m’éloigne de mon domicile.

Le bus 27 était là, mais je n’ai pas eu envie de courir. J’avais tout mon temps. Ses portes étaient closes, mais il ne partait pas. C’est lorsque j’ai pu voir l’avant du véhicule que j’ai compris.

La petite dame, une vieille dame, d’un courage exceptionnel, que je croise régulièrement sur la ligne, aidée par le chauffeur, montait à son rythme dans le bus avec son inséparable déambulateur.

Le chauffeur asiatique l’aidait avec une gentillesse et une patience d’ange. Grâce à elle, j’ai pu prendre mon bus. J’ai tenu son déambulateur car elle voulait rester debout à l’avant. Je savais qu’elle n’avait que deux stations, puisqu’elle descend toujours à Feuillantines.

Nous avons un peu parlé. Elle s’est mise à plaisanter. Elle a toujours beaucoup d’humour. « Vous tenez mon déambulateur, il veut toujours se sauver. » Elle m’a fait rire. Je lui ai parlé de sa joie, de sa bonne humeur, de son courage. « Il faut bien que je sorte tous les jours pour parler aux gens. Il me faut certes du temps, un temps multiplié, mais on y arrive. » Me dit-elle tout en ajoutant qu’elle faisait souvent le trajet complet de la ligne ou celle du 21 qui converge, juste pour voir Paris. Je lui ai conseillé le 27 dont le trajet me semble bien plus beau car il longe la Seine. Elle m’a dit qu’elle s’en souviendrait.

Juste avant d’arriver à Feuillantines, elle m’a parlé de Neuilly où elle était un jour allée et qui semblait l’avoir impressionnée. Neuilly qu’elle avait trouvé grand, très grand, comme si elle était allée au bout du monde. Mais oui, elle y était allée, avec ce courage qui pousse les êtres vers des limites où leurs forces trouvent toujours le chemin de la vie.

Elle portait un béret de laine bleu clair. Son dos voûté la rapetissait, elle qui déjà n’était pas très grande. Mais son regard, son sourire avaient la puissance des cimes. En descendant du bus, elle dit au chauffeur qu’il y avait encore en ce monde des gens gentils. J’ai posé son déambulateur sur le trottoir dans le sens de la direction qu’elle prenait habituellement. Elle s’y est accrochée. Je lui ai demandé si ça allait. Elle m’a dit oui tout en s’éloignant lentement avec un sourire heureux. Je lui ai souhaité une bonne soirée et je suis remontée dans le bus.

Cette rencontre m’a apportée en ce soir du 17 novembre 2015 une joie extrême.

Il y a tant d’horreurs et de médiocrité en ce monde, que vivre la douceur d’un pareil instant où l’on ne sait rien de plus que quelques gestes et mots partagés, est comme un souffle qui vous redonne la vie.

La joie du vivant malgré les ans. La joie d’être là, de traverser, de contempler, de partager, avec cette pointe d’humour, à plaisanter comme une enfant taquine. Comme cette vieille dame, si conquérante de la vie dont elle triomphe chaque jour, m’a fait du bien. Un bien fou, dans cette période où la mort et la destruction de l’autre ont touché Paris. Ce Paris libre qu’incarne cette femme, qui malgré les circonstances et les événements tragiques du moment, avait la force naturelle d’affronter la vie pour traverser Paris, à ne rien changer à ses habitudes, en dépit de ces monstres qui ont tenté de semer la terreur et de vider les rues de la ville.

Contrairement à des gens bien plus valides, cette vieille dame, que j’aperçois certains soirs quand je rentre du travail, comme si elle aussi avait fini sa journée, fut une force lumineuse qui éclaira ma ville.

dimanche 15 novembre 2015

La liberté - l'essence de la vie

La musique
C'est la vie

Boire un verre
C'est la vie

Partager
C'est la vie

La culture
C'est la vie

Paris
C'est la vie

Parce que la vie
Leur fait si peur
Ils ont semé la terreur
En pantins
Assassins

Goutte à goutte
Le monstre manipule
Ses marionnettes de feu

Feux de paille
Ont tué à leur passage

À en oublier
L’indestructible liberté
Qui dans le cœur des humains

L’essence même de la vie

mercredi 11 novembre 2015

Le philosophe est mort

Immuable
Dans le cœur des survivants
Et de tous les suivants

Libre pensée

À faire fondre les chaînes
Que tisse
Insidieuse
Cette maladie vénéneuse

Le totalitarisme
Aux multiples couleurs

Que devient cette libre pensée
De l’homme qui s’éteint

S’agitent les pantins

Que devient cette libre pensée
De l’homme qui

Un livre à ciel ouvert
Ineffable rai
Où la lumière

Obscurité silencieuse
D’une flûte traversière

Fluidité des mondes
Où l’encre
Laisse entrevoir
Les lueurs endormies

Eveil
Des espaces blancs

dimanche 20 septembre 2015

Eternels Imbéciles ont brûlé son piano

Dans les cendres d’une guerre
On cherche un visage

Sur le chemin de l’exil
On cherche une main

Sur le chemin de la vie
On cherche celui
Sous les pas de qui
La beauté d’un pays

Eternels
Imbéciles
Ont brûlé son piano

Les doigts muets
Aeham Ahmad
A fui sa Syrie

Eternels
Imbéciles
Ont brûlé son piano

Une note de musique
Et ils craquent
Une allumette

Une note de musique
Et ils tremblent
Les armes à la main
Jusqu’au feu éteint

Musiciens du monde
Aiguisez vos partitions
Et jouez à l’unisson

Jouez
Jouez

À faire tomber les armes
De ces Eternels Imbéciles

jeudi 17 septembre 2015

© Richard Peter

Dresde - février 1945

© Bulent Kilic/AFP

Konabé - janvier 2015



Quelle que soit l’histoire
S’efface la mémoire


 Il y eut un matin
Il y eut un soir


 De l’aube au crépuscule
Le cycle des saisons


 Cendres et ruines
À foison


 Sur le chemin des rêves
L’homme se perd


Figure de chair
Figure de pierre


 Contemplation silencieuse
Mémoire fallacieuse

 
Que s’est-il passé
Entre ces deux clichés


mercredi 2 septembre 2015

"L'enfer, c'est les autres"

Non
L’autre n’est pas un enfer

L’autre
Une richesse

L’enfer
C’est de nous imposer
Dieu sur terre

samedi 29 août 2015

Une fraction de seconde

Des milliers d’yeux
Rivés sur eux

Comme un phare dans le lointain
Eux aussi
Nous observent

Terres de liberté

Mur de glace
L’espoir glisse en masse
Sur les parois érigées

Nous ne faisons que passer
Droit de vivre
Droits de l’homme
Pour tous les humains

Une fraction de seconde
Se glisser furtivement
Dans cette embarcation
Où l’espoir fer de lance
Conduit l’homme vers l’humain

Qui
Pour s’identifier
Derrière son écran
À tous ces errants

S’identifier
La place est déjà prise
Par pléthore de héros

People placebo
Poupées gonflables de l’imaginaire
Robots ou monstres sanguinaires
Egos aux couleurs planétaires
Vacuité d’une célébrité ordinaire
Rêves d’immortalité
Ephémères

Une fraction de seconde
Se mettre à la place
Et tenter de discerner
L’essentiel du futile
Que distillent nos images

De la peur à l’indifférence
L’éveil ou le déclin
D’un monde où les humains

jeudi 6 août 2015

Fragments d'un carnet





 
 
 
 L’ange noir
Cherchera-t-il toujours
Dans l’obscurité nuageuse
De ses ailes poussiéreuses
Cet indicible mouvement
Qui tend vers la lumière
 
 

 
Dresde - Juillet 2015
 
 
                                       

mardi 9 juin 2015

Lorsque la culture vers l'obscur

Il est des temps
Récurrents
Dont nous nous imaginions
Exempts

Des temps
Où l’audace
Perd sa propre trace

Le courage
Perle rare

Libres penseurs
Créateurs
Humanistes
Novateurs

En ces temps où la culture
S’autocensure
Pour ne pas froisser
Obscurantistes
Et autres fascisants
Croissants
Menaçants

Taillez vos crayons
Aiguisez vos plumes
Ne mutilez pas vos films
Trempez vos pinceaux
Dans toutes les peaux

Ne laissez aucun dieu
Vous enterrer vivant

Maintenez en l’état
Les vrais débats

Laissez libre cours
À toutes manifestations artistiques
Sans panique

Ne pas devenir otage
Avant d’avoir été kidnappé

Victime
De l’intolérance
De l’ignorance
Avant d’avoir tout fait

Pour sauver
La liberté
En sa diversité