dimanche 20 septembre 2015

Eternels Imbéciles ont brûlé son piano

Dans les cendres d’une guerre
On cherche un visage

Sur le chemin de l’exil
On cherche une main

Sur le chemin de la vie
On cherche celui
Sous les pas de qui
La beauté d’un pays

Eternels
Imbéciles
Ont brûlé son piano

Les doigts muets
Aeham Ahmad
A fui sa Syrie

Eternels
Imbéciles
Ont brûlé son piano

Une note de musique
Et ils craquent
Une allumette

Une note de musique
Et ils tremblent
Les armes à la main
Jusqu’au feu éteint

Musiciens du monde
Aiguisez vos partitions
Et jouez à l’unisson

Jouez
Jouez

À faire tomber les armes
De ces Eternels Imbéciles

jeudi 17 septembre 2015

© Richard Peter

Dresde - février 1945

© Bulent Kilic/AFP

Konabé - janvier 2015



Quelle que soit l’histoire
S’efface la mémoire


 Il y eut un matin
Il y eut un soir


 De l’aube au crépuscule
Le cycle des saisons


 Cendres et ruines
À foison


 Sur le chemin des rêves
L’homme se perd


Figure de chair
Figure de pierre


 Contemplation silencieuse
Mémoire fallacieuse

 
Que s’est-il passé
Entre ces deux clichés


mercredi 2 septembre 2015

"L'enfer, c'est les autres"

Non
L’autre n’est pas un enfer

L’autre
Une richesse

L’enfer
C’est de nous imposer
Dieu sur terre

samedi 29 août 2015

Une fraction de seconde

Des milliers d’yeux
Rivés sur eux

Comme un phare dans le lointain
Eux aussi
Nous observent

Terres de liberté

Mur de glace
L’espoir glisse en masse
Sur les parois érigées

Nous ne faisons que passer
Droit de vivre
Droits de l’homme
Pour tous les humains

Une fraction de seconde
Se glisser furtivement
Dans cette embarcation
Où l’espoir fer de lance
Conduit l’homme vers l’humain

Qui
Pour s’identifier
Derrière son écran
À tous ces errants

S’identifier
La place est déjà prise
Par pléthore de héros

People placebo
Poupées gonflables de l’imaginaire
Robots ou monstres sanguinaires
Egos aux couleurs planétaires
Vacuité d’une célébrité ordinaire
Rêves d’immortalité
Ephémères

Une fraction de seconde
Se mettre à la place
Et tenter de discerner
L’essentiel du futile
Que distillent nos images

De la peur à l’indifférence
L’éveil ou le déclin
D’un monde où les humains

jeudi 6 août 2015

Fragments d'un carnet





 
 
 
 L’ange noir
Cherchera-t-il toujours
Dans l’obscurité nuageuse
De ses ailes poussiéreuses
Cet indicible mouvement
Qui tend vers la lumière
 
 

 
Dresde - Juillet 2015
 
 
                                       

mardi 9 juin 2015

Lorsque la culture vers l'obscur

Il est des temps
Récurrents
Dont nous nous imaginions
Exempts

Des temps
Où l’audace
Perd sa propre trace

Le courage
Perle rare

Libres penseurs
Créateurs
Humanistes
Novateurs

En ces temps où la culture
S’autocensure
Pour ne pas froisser
Obscurantistes
Et autres fascisants
Croissants
Menaçants

Taillez vos crayons
Aiguisez vos plumes
Ne mutilez pas vos films
Trempez vos pinceaux
Dans toutes les peaux

Ne laissez aucun dieu
Vous enterrer vivant

Maintenez en l’état
Les vrais débats

Laissez libre cours
À toutes manifestations artistiques
Sans panique

Ne pas devenir otage
Avant d’avoir été kidnappé

Victime
De l’intolérance
De l’ignorance
Avant d’avoir tout fait

Pour sauver
La liberté
En sa diversité

mardi 26 mai 2015

Apocalypse now ?

Surenchère nucléaire

Les prosélytes fallacieux
Aux cerveaux pileux
N’ont jamais froid aux yeux

Terres entières
Mortifères

Annexion
Destruction
Contamination

Tant de sites à ciel ouvert
Où l’uranium
Sans surveillance

Du Kazakhstan
Au Pakistan
En traversant

Jusqu’à Pelindaba
Sur la terre où Mandela

Pendant que l’Occident
Surveille ses libertés
Et négocie en catimini
Avec les pays
Où l’or noir
Salit les mains de tous ceux
Qui jouent au poker menteur

Les marchands d’uranium
Véhiculent des monticules
À faire pâlir
Les plus grands scénarii

Ne pas compter sur Dieu
Pour arrêter ces fous furieux

À tous ceux qui rêvent
D’un nouveau siècle des lumières

Il est grand temps
Grand temps

vendredi 8 mai 2015

Au pays des droits de l'homme


Pays des droits de l’homme
 
Tais-toi
Tais-toi
 
Ne m’appelle plus
Comme ça
 
Tu exagères
Tu dramatises
 
Non
Le ver est dans le fruit
 
Les populistes prolifèrent
Et dans les hautes sphères
On m’affuble de grandes oreilles
Pour éviter les balles
 
Et pour quelques Rafales
On ferme les yeux
Sur des pays peu envieux
Pour les droits qui me nomment
 
Une envie d’exil
Peut-être l’Antarctique
 
Tu en oublies
Le réchauffement climatique
 
Je ne sais plus
 
Moi non plus
 
Même si
 
Moi aussi

 

vendredi 1 mai 2015

Lettre ouverte à Wim Wenders – « Every thing will be fine »…not so fine !

Cher Monsieur Wenders

Le documentaire vous allait si bien

J’ai pleuré sur « Pina »
Moi la néophyte de la danse

J’ai cessé de respirer
Et contemplé en apnée
Votre traversée salgadienne

Je me faisais une joie de vous retrouver
Même si l’idée de mettre des lunettes 3D
Ne m’enchantait guère

Un retour à la fiction

Je n’ai rien soupçonné
Moi qui vous avais tant aimé
Et qui pourtant avais fini par vous quitter
À force de ne plus vous retrouver

Perdre la trace
Sans doute
Parfois
Salutaire

La grâce de vos documentaires

Me voilà donc installée dans ce grand fauteuil rouge
Chaussée de mes lunettes 3D
Enveloppée dans un soudain fondu au noir
Les yeux rivés sur l’écran lumière

Premiers plans
Un carnet
L’écriture
J’y étais
Je savais
J’avais lu
J’étais préparée
L’accident
L’enfant

Jusque-là on vous suit Monsieur Wenders
On vous suit

Méprise volontaire
Non
L’enfant n’est pas mort
Il tient la main de l’homme qui conduisait
On arrive devant la porte de sa maison
La caméra s’attarde sur un dessin
On commence à comprendre

Charlotte Gainsbourg
Epoustouflante
Du début à la fin

Mais tout cela
En vain

Le film se déroule
Comme une bobine absente
Il manque quelque chose
Pourtant
Tous les ingrédients

Que m’arrive-t-il
Je n’y crois pas
Everything glisse sur moi
Comme du marbre froid

Je tente de revenir
Aux ailes du souvenir
Oui
Tu es bien devant un film de Wim Wenders
Il te parle d’écriture/de souffrance/d’amour/de mort/de la vie des hommes et des femmes/des liens que l’on croit avoir trouvés/qui finissent par nous échapper/de cette présence absente/de cette mort insoutenable qui emporte un enfant

Déroulant de fin
Interminable liste
Les meilleurs vous accompagnent


Je cesse de résister
Non
L’argent ne fait ni le bonheur
Ni le talent

Personne n’y croit
Pas même vous

Vous nous laissez à l’entrée
De quelque chose qui aurait pu

Que vous est-il arrivé Monsieur Wenders
Le documentaire vous allait si bien...si bien

lundi 27 avril 2015

Ailleurs, la lumière


Just want to live
 
Paroles de migrants
 
Espérance
En partance
 
Un à un
Les corps
Par la mer
Avalés
 
Embarcations de fortune
Sur lesquelles
Des esprits véreux
Pernicieux
S’improvisent capitaines
Assassins silencieux

Passagers
À la pelle

L’argent n’a pas d’odeur
Quels que soient les malheurs

Horizon liberté
Inlassablement contemplé

Frontières barbelées

Invisibles
Tissures

Invincible
Espoir

La force des trous noirs

Ailleurs
La lumière

Démocratie
Une autre vie

Se méfier des leurres
Ici aussi on meurt

Liberté surveillée

Mais chez nous
La terre saigne

Des centaines
Des milliers

On ne sait plus
Où aller

Il y a tant de bouches à nourrir
On ne peut pas tout accueillir

Mais maintenant
Monsanto

Il a fini par réussir
À vous les faire ouvrir

Lui
Peut bien nous nourrir

Multiplication des pains
Il suffit de tendre la main

Jusqu’à ces matins
Où des yeux se dessillèrent
Sur des peaux cancer

D’un enfer
L’autre

Nous aussi
On veut goûter

Liberté
À l’imparfait

dimanche 8 mars 2015

En toute liberté...pour la liberté...ma journée de la femme à Raif Badawi


8 mars
 
Une petite lucarne
Ouverte sur le monde
Pour que les femmes
En cet unique jour
Respirent
Recrachent
Tout ce que les silences
 
Quand elles peuvent
Quand elles peuvent
 
364 jours
Les volets clos
Derrière lesquels
Les femmes du monde
Se battent
Pour leurs droits
Pour protéger leurs corps
Des violences de toutes sortes
 
Quand elles peuvent
Quand elles peuvent
 
365 jours
Moins un
 
Temps modernes
Où la religion
Est légion
 
Les femmes
En première ligne
 
Corps otages
Corps esclaves
Corps violés
Corps piétinés
 
Sexes à volonté
Pour que des arriérés
Puissent s’empiffrer
À gerber
 
Temps modernes
Où en Occident
Les puissants
Etalent leur sexe
En une des journaux
Assumant
De faire du corps de la femme
Leur besoin naturel
 
8 mars
La femme commémorée
 
Autorisée
À s’exprimer
À se lamenter
À témoigner
À protester
 
Quand elles peuvent
Quand elles peuvent
 
Alors en ce 8 mars 2015
Parce que la liberté
N’a pas de sexe
 
Une femme dédie ce jour
À un homme
 
Pour que la liberté
 
Ma journée de la femme
À Raif Badawi

samedi 7 mars 2015

Liberté, Liberté, Liberté....ton nom...à l'infini !


En ces temps régression
 
Vitale
La mémoire
 
Naguère
À peine hier
En pleine guerre
Le poète écrivait ton nom
Liberté
 
Liberté
De nouveau menacée
 
En ce début d’année
Ton corps
Criblé de balles
 
Paris
Copenhague
Moscou
Et tous ces lieux
Où les assassins
Leurs émules
Et autres pustules
S’autoproclament
Avec ou sans Dieu
 
Profanateurs de chairs
Incendiaires de l’âme
Incinérateurs de la pensée
Et de toutes les mémoires
Qu’ils peuvent éradiquer

Aucun
Ton courage
Ta volonté
Ta nature

Inlassablement
Jeune pousse
Intacte
Tu repousses

En ces jours
Où l’obscurantisme
Le fascisme
Le totalitarisme

En ces jours
Où l’une de tes ailes
La culture
Par endroits se replie
Pour ne pas froisser
Certains dieux
Chatouilleux

Il est temps
Grand temps

Comme jadis le poète
D’écrire en grand
En très grand
 
Ton nom
À l’infini
 
Liberté
Liberté
Liberté
Partout où nous irons