mercredi 22 novembre 2017

Quand on vend la vie en Libye !!!


À quoi sert la poésie
Quand on vend la vie en Libye

À quoi servent nos technologies
Quand on vend la vie en Libye

À quoi servent nos démocraties
Quand on vend la vie en Libye

Qu'allons-nous devenir
Sous nos œillères placebo

À croire aux mirages
Derrières nos images

Grand trou noir
Cervelle blanche

En ton habit du dimanche
Tu pries
Et tu cries

Liberté
Egalité
Fraternité

À ne plus discerner
Les mots prononcés






mardi 10 octobre 2017

"L'ange noir" : résumé et extraits d'un roman

Résumé

"Heiner Berger ? Non ! Je m’appelle Victor Berger. Tout était dans la subtilité de la prononciation. À l’écrit, cela ne changeait rien. Tout se passait à l’oral. Si la voix m’obligeait à traverser contre mon gré la frontière allemande sous des regards inquisiteurs, ma résistance à prononcer différemment mon nom les entrainait dans ce trouble du langage que l’on nomme gammacisme. Le « g », troisième lettre de l’alphabet grec, était devenu ma croix. Celle que mon père m’avait léguée en me donnant son nom."

Heiner est né d'un père allemand. Victor, d'une mère française. Dresde 1942. Sous les pas du nouveau-né, le chaos d'un monde, les ruines d'un berceau, les veines dans lesquelles le poison de l'histoire. Altération de l'innocence. Toute une génération.

Février 1945. Heiner Victor Berger et sa mère fuient l'Allemagne pour toujours. Chacun emportant son fantôme. Elle, son grand amour. À devenir l'écrin d'un silence abyssal. Lui, le spectre de ce père inconnu, universitaire et philologue, mort sur le front russe dans son uniforme allemand et dont le corps ne fut jamais retrouvé.

Comment cet érudit a-t-il pu s'enliser en pareil destin ? À quoi sert la connaissance, si elle conduit là ? 

70 ans après, Heiner Victor Berger revient à Dresde pour la première fois. La ville reconstruite lui donne une impression de décor de cinéma. Une scène sur laquelle il va tenter de retrouver la véracité d'un temps révolu, lui qui toute sa vie se grima pour dissimuler ses racines allemandes. 

Dans ces rues étrangères où il semble tourner en rond, il va y faire une rencontre capitale. Une jeune femme dont l'amour pour l'Allemagne et un homme en particulier, lui renverront l'image déconcertante de cet incommensurable amour que fut celui de sa mère pour son père. 

De la négation d'un monde vers une traversée où des pas rédempteurs. 

                                                  *****
Extraits :

(…)
Derrière mon grillage, j’ai vécu. Il faisait si noir dans cette cave où l’enfant que j’étais s’y réfugiait. Les grands m’y conduisaient. Avec moi ils restaient. La peur des bombardements se lisait sur leurs visages fatigués. Ils furent mes premières lectures. Parfois à la simple lueur d’une bougie.
(…)
Revenir. C’est pire que le souvenir. Mais sans le souvenir difficile de poursuivre ici. Vous pouvez peut-être m’aider. Me sauver. Contre quel danger ? Sans doute est-il encore trop tôt pour le nommer. Mais faut-il nommer pour expier ? Quel crime ai-je donc commis, hormis d’être né ici ? Ici, où je n’ai pas vécu. Où je n’ai fait que quelques pas. Mes premiers. À m’enchaîner une vie entière dans la négation du moindre grain de poussière de cette terre.
(…)
Enfant j’aimais me déguiser et inventer des personnages. Sous ces masques d’emprunts, je me sentais en sécurité. Plus tard, lorsque je suis monté sur scène, je pouvais tout interpréter ; mais jamais je n’aurais accepté un rôle où j’aurais eu du sang sur les mains. Même fictif, je ne pouvais pas.  

Lorsque l’on a commencé à parler de moi dans le théâtre, j’ai tout fait pour me faire oublier. Gagner ma vie autrement. J’ai fui et suis reparti vers cette zone d’ombre qui protège des regards.

(…)

Expier les crimes des pères ! Un acte salutaire ? Ces pères dont bien souvent nous ne savions rien. Ils étaient morts à la guerre. Et parmi ceux qui survécurent, la plupart gardaient le silence sur ce sujet.  

Il nous restait les larmes. Expiatoires, rédemptrices ou tout simplement tristes. Difficile de discerner celles que nous versions sur nous-mêmes de celles qui se mêlaient à toutes celles qui formaient ce Styx allemand.

Je n’ai pas le souvenir du visage de mon père vivant. Seulement cette photo dont ma mère jamais ne se séparait. Un portrait en noir et blanc d’un homme vêtu d’un costume beige foncé ou gris clair. Le doute subsistait toujours lorsque mon regard glissait sur ce papier glacé où l’ombre et la lumière aux nuances vieillissantes ne laissaient rien filtrer de leurs dualités.

(…)

Quand je fus étudiant, je cherchai inconsciemment à m’identifier à des figures héroïques. Pour cela, j’allais glaner sur les terres de mon père, espérant y trouver de quoi me satisfaire. Mes quêtes me conduisirent à découvrir « La Rose blanche ». Un groupe de résistants allemands, anti-fascistes que fondèrent deux étudiants, Hans Scholl et Alexander Schmorell, l’année de ma naissance. J’admirais leur courage exemplaire et m’accrochai dur comme fer à leurs idéaux. Ils me donnèrent des forces inestimables et un immense espoir dont toute jeunesse devrait prendre de la graine, dès que les germes du fascisme commencent à poindre sur une terre et tente d’en gangréner les esprits.

Parmi mes premières conquêtes féminines, je cherchai naïvement une figure semblable à celle de Sophie Scholl, arrêtée par la gestapo et guillotinée avec son frère Hans et la plupart des membres du groupe « La Rose blanche ». Ceux qui échappèrent à cette mort atroce, la trouvèrent dans les camps où ils furent envoyés. Leurs bravoures m’arrachaient les larmes d’espérances que le Reich m’avait ôtées.

« Die Weisse Rose », mon père ne pouvait ignorer l’existence de ce groupe dont la figure de proue était l’un de ses homologues, l’universitaire Kurt Huber qui fut comme Hans et Sophie, guillotiné.

(…)

Lorsque ma mère quitta l’Allemagne en février 1945, elle n’emporta avec elle que quelques notes et trois livres qui racontaient une autre histoire que celle que j’aurais voulu savoir. Sauver la linguistique, en ces temps effroyables, fut pour moi une aberration que je n’ai toujours pas comprise.

Ces quelques livres trônèrent jusqu’à sa mort dans la bibliothèque qu’elle reconstitua peu à peu autour de ces reliques. Elles n’intéressaient qu’elle et ses visiteurs que je trouvais tout aussi austères et ennuyeux que ces œuvres que j’avais un jour parcourues et aussitôt refermées.

(…)

Des décennies se sont écoulées sur les rives de l’Elbe. La ville fut reconstruite. Par endroits à l’identique. Imperturbable, le fleuve a poursuivi son cours, me laissant vivre ma vie ailleurs, le temps que j’aie la force d’entrouvrir cette porte derrière laquelle.

Depuis l’enfance, je diffère ce moment. Et puis me voilà.

Poussé par une force inconnue, je me retrouve seul au cœur de la ville. J’y reviens, comme si je venais tout juste. À peine…

(…)

Dans le hall de l’hôtel, un grondement bourdonnant sortait de toutes les bouches que je croisais. Chacune émettait un son de plus en plus distinct à mesure que j’approchais. Je ne comprenais pas ce qu’elles disaient, mais je reconnaissais la tonalité de cette langue que j’avais esquivée, telle une maladie contagieuse. Ma mère m’avait empêché de l’attraper, en faisant tout son possible pour que leur histoire ne devienne pas la mienne.

De quoi êtes-vous coupable ? De rien, me disait ce hall d’hôtel. Tous allaient, venaient naturellement comme si de rien n’était. Mais qu’y avait-il derrière ce rien ?

(…)

Ma nuit avait été calme. Mon réveil serein. Ici. Je me sentais bien. Cet hôtel faisait tout son possible pour rendre mes premiers pas agréables. Oui, j’aimais cet endroit. Il me faisait oublier les douloureuses fondations sur lesquelles il avait pris corps. À me donner le sentiment troublant de restituer son élégance et son raffinement à cette Allemagne qui aurait toujours dû.

La beauté d’un passé, pour moi seul, en cet espace reconstitué. J’avais envie de me laisser porter et d’y croire.

(…)

Les archives d’hier deviennent un jour parfois la chair vivante de notre présent. Que s’est-il passé ? Rien. Le temps s’est simplement écoulé sans nullement enseigner. Et malgré tous les efforts de mémoire, les hommes ont fini par ne plus se sentir concernés.

(…)

Une voix de femme déchira le silence des lieux et me ramena dans ce « Kunst-Café-Antik ». J’avais la certitude que cette voix appartenait à celle qui avait fait hurler le sol, en enfonçant ses talons dans ses chairs minérales.    

(…)

On devrait mettre un panneau à l’entrée. Un panneau qui interdirait de parler, en ce lieu de méditation.

Cette voix força la serrure de mes paupières. J’ouvris les yeux. Et elle m’apparut dans sa robe fleurie.

(…)

Lorsque j’ai quitté ma chambre pour aller dîner, je me suis arrêté à l’entrée de l’hôtel, scrutant la terrasse dans l’espoir qu’elle serait là. Elle n’y était pas.

Comme si nous avions rendez-vous, je me suis installé dans l’un des fauteuils de cuir blanc, posé à même les pavés. Ils formaient tous un bel ensemble autour de petites tables en osier, peintes d’une même couleur. Je n’avais jamais exploré cette partie de la terrasse. Face à moi, un fauteuil vide.

(…)

Dresde avait soudainement le parfum de l’inattendu. Sous les décombres l’herbe repousse et les peurs cherchent leurs échappatoires. Tout est fraîchement repeint. Les blessures ne sont pas encore refermées et la moindre couche de vernis redonne de singulières forces placébos. Où conduisaient-elles ?

(…)

Plusieurs jours se sont écoulés depuis ma rencontre avec Claire au Kunst Café Antik. Je ne l’ai pas revue. Ni même croisée. Avait-elle quitté l’hôtel ? Cette perspective me donnait le goût amer d’une étoile filante. Je n’y avais jamais goûté. J’en découvrais la douce trace insidieuse. Fugace mais tenace.

(…)

-      J’adore les petits déjeuners allemands. Pas vous ? Me dit-elle d’un ton presque complice, en plongeant sa petite cuillère dans la coupelle.

Sa voix me ramena sur les bords de l’Elbe. L’odeur du phosphore et des cendres s’était volatilisée dans la quiétude d’une eau claire, sous son regard pur.

(…)

-  j'ai le sentiment que vous n'aimez guère cette ville. Me dit-elle.
-  Qu'est-ce qui vous fait penser ça ?
- Votre pas. Votre indifférence. Rien ne semble vous intéresser, ni même vous émouvoir. Vous ne faites que marcher, presque sans rien voir. 

(…)

Ce fut à cette table, face à ce regard qui oscillait entre le vert et le bleu, que Victor devint soudainement un intrus. Pour la première fois, Heiner avait la force et l’audace d’un désir, à faire de lui un être vivant, à part entière.

(…)

Lorsque le garçon s'éloigna, elle souleva son verre, le rapprocha du mien et lorsqu'ils se frôlèrent, elle me sourit et laissa échapper ces quelques mots. 

- Les allemands se ressemblent. C'est pour cette raison qu'ils m'attirent. 

Impossible de répondre à pareille affirmation dont je ne savais si elle était un piège ou une confidence. 

(…)

Je quittai aussitôt les pages du livre qui me brûlait les paumes, en quête de nouvelles lectures. La femme était là, vivante. Il fallait que mon Eurydice m’accompagne jusqu’à ma lumière. Ne te retourne surtout pas, me disait le corps impassible de Claire. Ne te retourne pas. Et cesse de tourner les pages. Tu reviendrais sans cesse au même point. Seul.

(…)

Des mots s’échappèrent. Et je vis sur le visage de Claire une belle et soudaine lumière.


                                                        *****


  

mardi 15 août 2017

Écrire, inlassablement écrire...

Écrire
C’est transmettre
Emprunter des passerelles intérieures
Libérer des frontières

Écrire
C’est ouvrir la voie
Vers la paix

Marcher sur des pages intemporelles
Où toutes les mémoires anciennes
Se réveillent

Écrire
C’est oser
Soi
L’autre

Dépasser le visible
Ne pas craindre l’impossible

Écrire
C’est donner la force de l’instant
Et poursuivre

D’une page l’autre
Véracité de la fiction
S’offrent les veines du réel

samedi 29 avril 2017

L'heure est grave

Alors que l’heure est grave, comment peut-on ne pas mesurer les priorités historiques lorsque le néo-fascisme est aux portes du pouvoir et pourrait demain gouverner la France ?

Il est déconcertant de constater que l’histoire et tout le travail de mémoire qui fut fait au cours de 7 décennies est presque réduit à néant au pays des droits de l’homme. N’en porterait-il désormais que le nom ?

Comment peut-on ?

La gauche n’a pas su s’unir. Chacun y trouvera son coupable. Mais au vu des résultats, elle aurait indéniablement été au second tour si elle avait su dépasser tout ce que les dogmes, les egos et tout ce qui a empêché.

L’union fait la force. L’ont-ils oublié ? L’extrême droite, elle, ne l’a pas oublié et cela a malheureusement payé !

Emmanuel Macron ne sera jamais le candidat de la gauche et il sera combattu par elle. Mais en attendant, le risque est grand ! Voire irréversible. Lorsque la réalité est là, on ne peut appuyer sur la touche « retour en arrière » comme dans le virtuel !

La gauche a un boulevard aux législatives pour combattre le programme d’Emmanuel Macron. Mais si l’on se réveille le 7 mai au soir dans une France dirigée par les néo-fascistes et le GUD en arrière-cour, je pense à tous ceux qui vont souffrir dans leur quotidien. Nous sommes tous concernés.

Et toutes les nuances partisanes, dialectiques ou autres, ne seront plus qu’un rideau déchiré sur lequel la nouvelle dictature s’essuiera les mains. Elle sera au pouvoir. Elle aura le doigt pour appuyer sur le bouton nucléaire, pour fermer nos frontières, pour nous faire revenir en arrière. Elle aura la voix pour envoyer les forces de l’ordre où bon lui semblera.

Et tous les opposants, la liberté de la presse et tous ceux qui n’auront pas le visage de ce pouvoir discriminatoire comprendront dans le réel et non plus dans le virtuel le véritable et terrible sens du mot « dictature » !

Sous le masque de l’ange blond, l’ange noir cire ses bottes !


L’heure est grave. Les priorités face à l’histoire sont d’une indéniable évidence. 

vendredi 14 avril 2017

GAO BO - L'essence des mondes

9 avril 2017
Dernier jour
Maison Européenne de la Photographie
Gao Bo
Le 10 il ne sera plus là

Le temps ne laisse aucune alternative 
Faire le pas ou laisser passer, alors que l’on sait

Nul autre chemin.
Y aller.

Le sang. Les hommes. Souffrance. Injustice. L’âme s’interroge. Traverse. Muette.

Du bois mort et des os.
Surface noire. Le blanc cherche la lumière.
Une
Des
Couches qui étouffent.

L’arbre a 300 ans
Demeure le tronc

Est-ce la vie ?

Nos os
Nos cerveaux
Nous avons besoin de mots

Une corde où les lettres
L’échelle du sens
Celle du sang
Traces

Vanité du monde
Injustices
Le souffle

Création
Crémation
Illusion

Assemblage. Solitude ? Imaginaire…

L’aube se réveille avec la nuit dans le corps
Et nous traversons somnambules
Toujours vivants

Quelque part. Là. Ailleurs.

Ici. Maintenant.
Je. Nous.
Toiles parchemin

D’une matière l’autre
L’être s’égare
Créateurs. Penseurs.
Certitude d’avoir trouvé.

Le néant ?
Le rien ?
Le grand tout qui absorbe ?

Être là fait du bien
Être s’interroge
L’essentiel

Matière mutante cherche sa propre trace dans les pièces métalliques.
Immense puzzle où la création.
Errance.

Pinceaux. Sable. Bois. Peinture. Son. Ecran. Images. Mouvements. Noir et blanc. Rouge sang. Absence. Présence. Résistance. Infinité des multipliés dans l’inconscience des mondes.
À notre insu
Tout se superpose

Sommes-nous tout cela ?
C’est quoi cela ?

C’est toi. C’est moi. C’est tous ceux qui avant. Qui demain.

Fragments.
Je me retrouve innocemment dans ce sang, dans ce bois mort, dans ces cordes, ces bandages et ces tiges métalliques. Du sable fin pour remplacer les mots. Des mots pour dire tout ce que les corps en leur mutisme…

Corps mutilés
Corps torturés

Ici
Brisé. Le sablier

Je cherche la lumière. J’ai désiré la matière. Je suis. Nous sommes. Là.
Création. Le visible. L’invisible.
Mémoires anciennes. Anonymes. Beckett et tous ceux…

La gomme dort au fond de l’encrier. Une éponge noircie par tant de questions. Et l’esprit devient aérien car il ne comprend plus rien. Ce rien qui dit tout. Au-delà des mots. Sans les mots. Sans le bois. Sans rien.

Et toutes les souffrances des fleuves
Où l’injustice
Les tyrannies

Goutte à goutte. Les cris des peuples opprimés.
Goutte à goutte. Le sang d’une voix révoltée.

Dans les caisses de bois. Nos cendres.

L’art répond à l’art. Bandages.
La force onirique du lien
À se croire vivant

Nos vies
À construire des ponts.

Requiem n’est qu’un commencement
Premier cri silencieux
La note cristalline s’échappe de son écrin.

Naissance
Souffrance
Et l’homme qui vient de naître s’absente le temps d’une vie

Espaces
Interstices
Des pauses dans lesquelles le sommeil

Désirs de réel

Les ombres sur la toile
S’effacent tous les mystères

mercredi 8 mars 2017

Merci Monsieur Trintignant pour ce 7 mars 2017 - Salle Pleyel

Monsieur Trintignant,

Ce soir-là, j'étais là.
Votre voix magique. Intemporelle. Eternelle.

Profondeurs aériennes.
La poésie votre amie.

Sur l'une de vos cordes vocales, mon souffle s'est posé, arrêté, en apnée.
Il y demeure à jamais.

Ce soir-là, vous m'avez donné ce qui ne peut plus être altéré.
La pureté de l'essence retrouvée.

samedi 18 février 2017

Fragments


L’amour
Du duvet sur nos plaies

Un pansement de lumière

L’obscurité de nos chemins

Etrangers passagers

Nos pas nous défigurent
L’imposture nous rassure

Le cœur dénudé
Vers nos rivages retrouvés

dimanche 12 février 2017

Le réel. Le virtuel. De la démocratie au fascisme ?

Réalité ? Fiction ? Vers quel monde ?

Des écrans pour gommer les idées. Le virtuel pour remplacer le réel. Des mensonges déguisés en scoops vérité. L’information menacée.
Des tribuns pas malins pour les peuples orphelins. Des dieux tous terrains pour reprendre la main.

Temps modernes. Nostalgie du Moyen-Âge ?

Illusion du réel. Un cauchemar éveillé. Le temps des faussaires.

La parole de l’huile sur le feu. La parole du miel sur les plaies. La parole du vent dans l’assiette des indigents.

Les jours perdent la trace de leur lumière sur des terres où autrefois elles en portaient le nom.

Les frontières abîment l’âme des survivants qui continuent de rêver.
Par milliers, ils tentent leur chance vers un monde meilleur.
Le réel ? Le virtuel ?

Des murs érigés. Des kilomètres de barbelés.
Une ligne noire sur le corps de l’espoir.
Indélébile cicatrice.

Comme si l’histoire n’avait servi à rien !
Les peurs sont redevenues de vraies valeurs.
Les tribuns égotiques des chemins salvateurs.

Le dieu argent entre les mains d’une poignée de mandarins. Pas des penseurs. Justes des tueurs. Alors, les autres valeurs…

Et pendant ce temps, sur les bancs des grandes écoles, on formate à la pelle.
L’argent doit maintenir son rang. Le pouvoir ses descendants.
Eléments de langage. Compétitions réelles autour d’écrans virtuels.
Moulage des têtes de gondoles.
L’image au détriment du fond sous la houlette du dieu communication.

Mais tout cela convient bien à tous ceux qui veulent conserver leurs privilèges. À outrance. Tous, au-dessus des lois. Si l’un d’eux est pris. Les parrains ou les vassaux crient. Diffamation. Au diapason.

Coopter devient le mot clé. La grande chaîne des formatés. Autour du cou le même passe-partout. Ils viennent même de trouver celui qui va les représenter. Derrière lui ils sont tous, en marche.

Du virtuel au réel. De la gauche vers la droite. À y perdre son latin.
Etat policier. Ceux qui manifestent, tabassés, emprisonnés, parfois…tués. L’hospitalité devenue un délit ! Réel. Pas virtuel.

Inégalité. Injustice. Corruption. Impunité. Les saignées, toujours du même côté.

Alors, la colère monte. Mais, la colère n’est pas bonne conseillère.
Juste une leçon, murmurent les plus timides. Croyez enfin en nous, vocifèrent les fascistes décomplexés.

Amnésie de l’histoire. Un grand nombre à finir par y croire ! À faire monter le mercure dans les veines de la femme parricide qui de jour en jour force sur le maquillage. S’efforçant ainsi d’effacer son passé.

Qui veut le pouvoir au prix du sang du père, peut le pire pour la nation convoitée !  

Pour faire digression. Certains cherchent une autre dimension.
Une femme et un plafond de verre.
Ils entendent déjà le bruit des éclats.

Mais celles qui ne seront jamais ses sœurs, ne sont pas dupes.
Aucune ne se fera voler son combat avec ces méthodes là !

La maman. La putain. Les temps n’ont pas changé…Et le populisme ne recule devant rien pour repeindre sa façade.

Du virtuel au réel. Tout se nomme.
Un fasciste demeure un fasciste.
En robe ou en pantalon.




*****


jeudi 10 novembre 2016

I had a dream !

I had a dream

Je me souviens

Autrefois
La force des idées
Le courage des vrais combats
Pour la liberté l’égalité

Autrefois
La force de la pensée
Des débats où elle redonnait
La profondeur de l’être
Sa lumière intérieure

I had a dream

Où la beauté de la couleur des peaux
Coulait comme du miel
Sur les regards éteints

Baume salvateur

Ignorance éradiquée
Le temps d’un regard
Où les peurs s’évanouissaient
Parfois cela durait

Je me souviens

Autrefois
Les sexes sans distinction
Osaient défier les dieux
En leurs chairs libres

I had a dream

Yes we can
Enfin là

Je me souviens
Que seuls
Le savoir l’éducation la culture  
Pansent les plaies de la misère

Je me souviens
D’un monde riche
D’hommes et de femmes
Au péril de leur vie
Leur combat pour la démocratie

Intarissable terreau
Le melting pot d’une terre juste

I had a dream
Sur l’épaule d’un géant à la peau noire

Je me souviens d’écrivains
À la plume audacieuse
Qu’aucune scène médiatique
N’aurait détourné de leur quête intérieure

La postérité portera les germes
De ces précurseurs
Qui ont tenté de rendre notre monde meilleur

I had a dream

Soudainement tout s’éteint
Lumière automnale
Autrefois le rêve américain
On savait bien
Qu’une partie du chemin

Mais
Pas ce cauchemar là

I have a dream

Aujourd’hui demain
La force d’une jeunesse
Le fil des anciens entre leurs mains 

lundi 3 octobre 2016

Fragment d'une pensée révoltée par un monde qui succombe...

Quand la gauche tourne à vide. Que le culte de la personnalité prévaut sur l’idéologie. Que l’ego prend le pas sur l’intérêt collectif. Que les libertés muselées, la police musclée ; alors que l’on vit dans une contrée encore labellisée « terre d’accueil et/ou pays des droits de l’homme » !! Quel changement profond peut-on attendre de ceux qui prétendent demain nous représenter ?

Vers qui se tourner pour se rassembler ?
Pourquoi ce besoin d’un homme providentiel auquel bon nombre ne croit plus ?

Que faire quand les mots ne passent plus ?

Mouvement citoyen. Ne pas s’arrêter en chemin. Certains perdurent, d’autres tentèrent momentanément l’aventure. Comme jouer les pirates pour 2017. Un début de piste…Jusqu’à ce qu’ils fassent demi-tour. Abandonnant les signataires sur le bas-côté d’un chemin qu’ils avaient eux-mêmes tracés.

D’une erreur l’autre, il y a toujours un pas qui enseigne.

Pas perdus,
Combien de temps allez-vous accepter de voir enfermés les lanceurs d’alerte qui cherchent à vous informer dans un monde où la presse muselée par des propriétaires, hommes d’affaires milliardaires ?

Pas silencieux,
Combien de temps allez-vous supporter l’idée que vos représentants vous saignent, vous dupent, pendant qu’ils s’exonèrent en leurs paradis fiscaux et jouent entre eux au jeu des chaises musicales pour garder les postes clés en toute impunité ?

Pas solitaires,
Combien de temps allez-vous rester passifs devant le spectacle affligeant de cette gauche morcelée où un à un les postulants ramassent les morceaux et recollent le vase à leur effigie ?

Pas résignés,
Combien de temps allez-vous endurer cette fatalité prémonitoire d’un nouveau second tour, escroc/facho, qui gomme le moindre espoir d’entrevoir des lignes nouvelles ?   

Nos pas immobiles, nos pensées fatalistes, font de nous nos propres geôliers.

Que faut-il qu’il arrive pour que les forces démocratiques redeviennent une opposition active et collective, à croire encore possible les valeurs qui hier encore rassemblaient la gauche en sa pluralité ?

Que faut-il qu’il arrive pour qu’une majorité cesse de croire que tous les dangers viennent des étrangers ? Alors que la véritable menace est la montée des populismes, le racisme, le fascisme latent et l’état policier permanent !  

samedi 13 août 2016

Le corps de l'écriture


À l’intérieur de l’être
La force des matières

Lettres d’encre
Cheminent vers la source

Carnet géant
Confluence  

Le corps de l’écriture
S’éclipse la sémantique









Photos droits réservés Michèle Gautard 



samedi 2 juillet 2016

Il est mort le poète

Jour de colère
Je pense à Dreyer

Jour de deuil
Ils pensent tous à Bonnefoy

Un poète meurt
Il prend de la valeur

Et tous ceux qui rendent hommage
Pour être en première page

Que font ils pour la poésie
Lorsque les poètes
En vie

À tous ceux qui auraient pu
Lorsqu’il aurait fallu

Vous les officiels
Qui tenez les ficelles

Lot de consolation
Face à toutes vos gesticulations

Il ne restera de vivant
Dans les veines
De la nuit des temps

Que leurs vers

mardi 28 juin 2016

Démocratie...si on avait su !!

« Qui laisse se perdre une liberté aujourd’hui ne la retrouvera pas demain » 
(Edwy Plenel)

En France, comme en Europe, lentement le fossé s’est creusé entre les peuples et les élites. Enfermés dans leurs bulles, aucun cri ne leur parvenait. Ils étaient à la barre. La tenait fermement. Bâbord. Tribord. Mauvais capitaines crochet. Les peuples pouvaient bien protester, seules les lois du marché, de la finance. Petits arrangements entre amis. D’un poste l’autre. Chaises musicales. Funeste partition pour les peuples. Un à un touchés. Sacrifices demandés…Requiem ! Et pendant ce temps…leurs paradis fiscaux. Vive les lanceurs d’alerte ! Quelques tsunamis sur leurs rivages. Fini les enfants sages.

La gauche française ne pouvait pas manger de ce pain-là ! Naïveté. Non. Elle allait résister, redonner…Faire au moins quelque chose…Non ! Elle aussi a fini par sombrer. Par devenir un valet. Et là, le monstre s’est réveillé, s’est mis à vociférer. La haine s’est engouffrée.

Sécurité
La magie des barbelés
Quand la gauche s’éteint
Le fascisme n’est pas loin 

Citoyens
Nous le sommes toujours
Nos valeurs
Simplement usurpées
Intactes
À l’intérieur

Nos rêves
Un peu ébranlés

Voter utile
Nous l’avons tous fait
Trahis
Nous l’avons tous été

Grisés par le pouvoir, nos dirigeants ont fini par oublier qu’ils n’étaient que locataires !

En France, le roi soleil s’est réincarné, là où on ne pouvait l’imaginer. 
Un seul regard en son miroir…Il était déjà trop tard.

Certitude que la mécanique du vote utile marchera toujours. 
Avant tout la raison. 
Au-delà, l’inconnu.

Et lorsqu’il y eut le frémissement d’un danger…Ils ont lâché les chiens. Surfé sur la vague populiste…jusqu’à l’écume.

Comme autrefois, une partie du peuple s’est laissée enivrer par les sirènes venimeuses…Oui, autrefois déjà là !

Non. Ici, c’est la terre d’accueil. Le pays des droits de l’homme. Pas de ça chez nous. Nous les vainqueurs. Déclamations, à masquer les années sombres de la collaboration, celles de la colonisation. À faire oublier que ce sol est devenu sécuritaire et que des camps de misère parquent tous ceux dont on ne veut pas voir la silhouette étrangère envahir nos rues.

Le drapeau de la nation…L’étendard derrière lequel tout peut se passer…en toute légitimité. Tous s’en emparent. Lui le premier. Lui, qui voit un à un s’éteindre ses rayons à force de nous prendre pour des cons.

Mimétisme déconcertant, inquiétant, pour tous ceux qui lui avaient remis les clés. Il ne parlait pas cette langue là, il y a à peine encore autrefois ! Les chiens aboient. Le sien tente de crier plus fort. Etat sécuritaire. Manifestations interdites. Une dame sort des lunettes de son sac. La police la matraque. Les jeunes manifestent pour leur avenir. La police frappe, frappe, frappe cette jeunesse qui ne veut rien d’autre que de vivre décemment, libre et en démocratie comme hier leurs parents.

Déchéance de la nationalité pour tous ceux. Non. Décidément, il y a quelque chose de pourri au royaume de…Non. Au pays des droits de l’homme…Ah !  

Qui aurait imaginé, il y a encore, à peine quelques années, que tout cela…réalité !  

Le fascisme en France ? En Europe ? Un vieil épouvantail auquel personne ne croit…Juste pour faire peur. Rien de plus. Même pas mal. Tout se rétablit avec le vote utile.

Et pourtant, qui croyait au Brexit !! Et la suite… ??

Alors imaginons demain où un matin l’Europe se réveillerait avec des dirigeants populistes ! Chacun se claquemurant derrière son rideau de fer. Mêmes idées vacuité en bandoulière. Que s’y passerait il ?

Ah ! Si j’avais su ! Mais tu as pourtant été prévenu !! Regarde le Brexit et ses suites ! Pas de programme, juste la haine…ensuite…la débâcle.

Quand il sera trop tard et que seul le souvenir de leur colère deviendra la honte de tous ceux qui ont eu la faiblesse de céder à la tentation machiavélique du populisme, qui tel un mauvais phénix, que diront-ils ? C’était un raccourci. Juste pour leur faire peur. Piètre catharsis !

Et de la force des leurres, il ne restera plus que les yeux pour pleurer ou les armes à prendre pour défendre les droits et les libertés. Accablantes réalités.

Imaginons une nouvelle fois, pour tous ceux qui n’y croient toujours pas, ce que donnerait en France l’extrême droite au pouvoir, alors que sous un gouvernement « dit de gauche », l’instauration d’un état policier en fausse légitimité s’installe à perdurer ! Imaginons une fraction de seconde l’arme nucléaire en de pareilles mains ! La presse, la culture…J’entends déjà les braises crépiter…L’autodafé de tous ceux qui dans la nostalgie ! Arrêt sur image. Arrêtons ce naufrage.

Non. Ce n’est pas un scénario catastrophe. Au siècle dernier, qui pouvait imaginer que tout cela allait conduire là où nous savons.

Si la France et l’Europe prennent ce chemin…demain il y aura d’autres wagons…

Ne laissons pas une nouvelle fois l’histoire nous entraîner dans la honte d’un temps où le cycle des mauvaises saisons deviendra inévitablement une terrifiante et douloureuse répétition.