mercredi 22 novembre 2017
Quand on vend la vie en Libye !!!
À quoi sert la poésie
Quand on vend la vie en Libye
À quoi servent nos technologies
Quand on vend la vie en Libye
À quoi servent nos démocraties
Quand on vend la vie en Libye
Qu'allons-nous devenir
Sous nos œillères placebo
À croire aux mirages
Derrières nos images
Grand trou noir
Cervelle blanche
En ton habit du dimanche
Tu pries
Et tu cries
Liberté
Egalité
Fraternité
À ne plus discerner
Les mots prononcés
mardi 10 octobre 2017
"L'ange noir" : résumé et extraits d'un roman
Résumé:
"Heiner
Berger ? Non ! Je m’appelle Victor Berger. Tout était dans la subtilité de
la prononciation. À l’écrit, cela ne changeait rien. Tout se passait à
l’oral. Si la voix m’obligeait à traverser contre mon gré la frontière
allemande sous des regards inquisiteurs, ma résistance à prononcer
différemment mon nom les entrainait dans ce trouble du langage que l’on
nomme gammacisme. Le « g », troisième lettre de l’alphabet grec, était
devenu ma croix. Celle que mon père m’avait léguée en me donnant son nom."
Heiner est né
d'un père allemand. Victor, d'une mère française. Dresde 1942. Sous les pas du
nouveau-né, le chaos d'un monde, les ruines d'un berceau, les veines dans
lesquelles le poison de l'histoire. Altération de l'innocence. Toute une
génération.
Février 1945.
Heiner Victor Berger et sa mère fuient l'Allemagne pour toujours. Chacun
emportant son fantôme. Elle, son grand amour. À devenir l'écrin d'un silence
abyssal. Lui, le spectre de ce père inconnu, universitaire et philologue, mort
sur le front russe dans son uniforme allemand et dont le corps ne fut jamais
retrouvé.
Comment cet
érudit a-t-il pu s'enliser en pareil destin ? À quoi sert la connaissance, si
elle conduit là ?
70 ans après,
Heiner Victor Berger revient à Dresde pour la première fois. La ville
reconstruite lui donne une impression de décor de cinéma. Une scène sur
laquelle il va tenter de retrouver la véracité d'un temps révolu, lui qui toute
sa vie se grima pour dissimuler ses racines allemandes.
Dans ces rues
étrangères où il semble tourner en rond, il va y faire une rencontre capitale.
Une jeune femme dont l'amour pour l'Allemagne et un homme en particulier, lui
renverront l'image déconcertante de cet incommensurable amour que fut celui de
sa mère pour son père.
De la négation
d'un monde vers une traversée où des pas rédempteurs.
*****
Extraits :
(…)
Derrière
mon grillage, j’ai vécu. Il faisait si noir dans cette cave où l’enfant que
j’étais s’y réfugiait. Les grands m’y conduisaient. Avec moi ils restaient. La
peur des bombardements se lisait sur leurs visages fatigués. Ils furent mes
premières lectures. Parfois à la simple lueur d’une bougie.
(…)
Revenir.
C’est pire que le souvenir. Mais sans le souvenir difficile de poursuivre ici. Vous
pouvez peut-être m’aider. Me sauver. Contre quel danger ? Sans doute
est-il encore trop tôt pour le nommer. Mais faut-il nommer pour expier ?
Quel crime ai-je donc commis, hormis d’être né ici ? Ici, où je n’ai pas
vécu. Où je n’ai fait que quelques pas. Mes premiers. À m’enchaîner une vie
entière dans la négation du moindre grain de poussière de cette terre.
(…)
Enfant
j’aimais me déguiser et inventer des personnages. Sous ces masques d’emprunts,
je me sentais en sécurité. Plus tard, lorsque je suis monté sur scène, je
pouvais tout interpréter ; mais jamais je n’aurais accepté un rôle où j’aurais
eu du sang sur les mains. Même fictif, je ne pouvais pas.
Lorsque
l’on a commencé à parler de moi dans le théâtre, j’ai tout fait pour me faire
oublier. Gagner ma vie autrement. J’ai fui et suis reparti vers cette zone
d’ombre qui protège des regards.
(…)
Expier
les crimes des pères ! Un acte salutaire ? Ces pères dont bien
souvent nous ne savions rien. Ils étaient morts à la guerre. Et parmi ceux qui survécurent,
la plupart gardaient le silence sur ce sujet.
Il
nous restait les larmes. Expiatoires, rédemptrices ou tout simplement tristes. Difficile
de discerner celles que nous versions sur nous-mêmes de celles qui se mêlaient
à toutes celles qui formaient ce Styx allemand.
Je
n’ai pas le souvenir du visage de mon père vivant. Seulement cette photo dont ma
mère jamais ne se séparait. Un portrait en noir et blanc d’un homme vêtu d’un
costume beige foncé ou gris clair. Le doute subsistait toujours lorsque mon
regard glissait sur ce papier glacé où l’ombre et la lumière aux nuances
vieillissantes ne laissaient rien filtrer de leurs dualités.
(…)
Quand
je fus étudiant, je cherchai inconsciemment à m’identifier à des figures héroïques.
Pour cela, j’allais glaner sur les terres de mon père, espérant y trouver de
quoi me satisfaire. Mes quêtes me conduisirent à découvrir « La Rose
blanche ». Un groupe de résistants allemands, anti-fascistes que fondèrent
deux étudiants, Hans Scholl et Alexander Schmorell, l’année de ma naissance.
J’admirais leur courage exemplaire et m’accrochai dur comme fer à leurs idéaux.
Ils me donnèrent des forces inestimables et un immense espoir dont toute
jeunesse devrait prendre de la graine, dès que les germes du fascisme
commencent à poindre sur une terre et tente d’en gangréner les esprits.
Parmi
mes premières conquêtes féminines, je cherchai naïvement une figure semblable à
celle de Sophie Scholl, arrêtée par la gestapo et guillotinée avec son frère Hans
et la plupart des membres du groupe « La Rose blanche ». Ceux qui
échappèrent à cette mort atroce, la trouvèrent dans les camps où ils furent
envoyés. Leurs bravoures m’arrachaient les larmes d’espérances que le Reich m’avait
ôtées.
« Die
Weisse Rose », mon père ne pouvait ignorer l’existence de ce groupe dont
la figure de proue était l’un de ses homologues, l’universitaire Kurt Huber qui
fut comme Hans et Sophie, guillotiné.
(…)
Lorsque
ma mère quitta l’Allemagne en février 1945, elle n’emporta avec elle que
quelques notes et trois livres qui racontaient une autre histoire que celle que
j’aurais voulu savoir. Sauver la linguistique, en ces temps effroyables, fut
pour moi une aberration que je n’ai toujours pas comprise.
Ces
quelques livres trônèrent jusqu’à sa mort dans la bibliothèque qu’elle
reconstitua peu à peu autour de ces reliques. Elles n’intéressaient qu’elle et ses
visiteurs que je trouvais tout aussi austères et ennuyeux que ces œuvres que
j’avais un jour parcourues et aussitôt refermées.
(…)
Des
décennies se sont écoulées sur les rives de l’Elbe. La ville fut reconstruite.
Par endroits à l’identique. Imperturbable, le fleuve a poursuivi son cours, me
laissant vivre ma vie ailleurs, le temps que j’aie la force d’entrouvrir cette
porte derrière laquelle.
Depuis
l’enfance, je diffère ce moment. Et puis me voilà.
Poussé
par une force inconnue, je me retrouve seul au cœur de la ville. J’y reviens, comme
si je venais tout juste. À peine…
(…)
Dans
le hall de l’hôtel, un grondement bourdonnant sortait de toutes les bouches que
je croisais. Chacune émettait un son de plus en plus distinct à mesure que
j’approchais. Je ne comprenais pas ce qu’elles disaient, mais je reconnaissais la
tonalité de cette langue que j’avais esquivée, telle une maladie contagieuse.
Ma mère m’avait empêché de l’attraper, en faisant tout son possible pour que
leur histoire ne devienne pas la mienne.
De
quoi êtes-vous coupable ? De rien, me disait ce hall d’hôtel. Tous
allaient, venaient naturellement comme si de rien n’était. Mais qu’y avait-il
derrière ce rien ?
(…)
Ma
nuit avait été calme. Mon réveil serein. Ici. Je me sentais bien. Cet hôtel faisait
tout son possible pour rendre mes premiers pas agréables. Oui, j’aimais cet
endroit. Il me faisait oublier les douloureuses fondations sur lesquelles il
avait pris corps. À me donner le sentiment troublant de restituer son élégance
et son raffinement à cette Allemagne qui aurait toujours dû.
La
beauté d’un passé, pour moi seul, en cet espace reconstitué. J’avais envie
de me laisser porter et d’y croire.
(…)
Les
archives d’hier deviennent un jour parfois la chair vivante de notre présent. Que
s’est-il passé ? Rien. Le temps s’est simplement écoulé sans nullement
enseigner. Et malgré tous les efforts de mémoire, les hommes ont fini par ne
plus se sentir concernés.
(…)
Une
voix de femme déchira le silence des lieux et me ramena dans ce
« Kunst-Café-Antik ». J’avais la certitude que cette voix appartenait
à celle qui avait fait hurler le sol, en enfonçant ses talons dans ses chairs
minérales.
(…)
On
devrait mettre un panneau à l’entrée. Un panneau qui interdirait de parler, en
ce lieu de méditation.
Cette
voix força la serrure de mes paupières. J’ouvris les yeux. Et elle m’apparut
dans sa robe fleurie.
(…)
Lorsque
j’ai quitté ma chambre pour aller dîner, je me suis arrêté à l’entrée de
l’hôtel, scrutant la terrasse dans l’espoir qu’elle serait là. Elle n’y était
pas.
Comme
si nous avions rendez-vous, je me suis installé dans l’un des fauteuils de cuir
blanc, posé à même les pavés. Ils formaient tous un bel ensemble autour de
petites tables en osier, peintes d’une même couleur. Je n’avais jamais exploré
cette partie de la terrasse. Face à moi, un fauteuil vide.
(…)
Dresde
avait soudainement le parfum de l’inattendu. Sous les décombres l’herbe
repousse et les peurs cherchent leurs échappatoires. Tout est fraîchement
repeint. Les blessures ne sont pas encore refermées et la moindre couche de
vernis redonne de singulières forces placébos. Où conduisaient-elles ?
(…)
Plusieurs
jours se sont écoulés depuis ma rencontre avec Claire au Kunst Café Antik. Je
ne l’ai pas revue. Ni même croisée. Avait-elle quitté l’hôtel ? Cette
perspective me donnait le goût amer d’une étoile filante. Je n’y avais jamais
goûté. J’en découvrais la douce trace insidieuse. Fugace mais tenace.
(…)
-
J’adore
les petits déjeuners allemands. Pas vous ? Me dit-elle d’un ton presque
complice, en plongeant sa petite cuillère dans la coupelle.
Sa
voix me ramena sur les bords de l’Elbe. L’odeur du phosphore et des cendres s’était
volatilisée dans la quiétude d’une eau claire, sous son regard pur.
(…)
- j'ai le sentiment que vous n'aimez guère cette ville. Me dit-elle.
- Qu'est-ce qui vous fait penser ça ?
- Votre pas. Votre indifférence. Rien ne semble vous intéresser, ni même vous émouvoir. Vous ne faites que marcher, presque sans rien voir.
(…)
Ce
fut à cette table, face à ce regard qui oscillait entre le vert et le bleu, que
Victor devint soudainement un intrus. Pour la première fois, Heiner avait la
force et l’audace d’un désir, à faire de lui un être vivant, à part entière.
(…)
Lorsque le garçon s'éloigna, elle souleva son verre, le rapprocha du mien et lorsqu'ils se frôlèrent, elle me sourit et laissa échapper ces quelques mots.
- Les allemands se ressemblent. C'est pour cette raison qu'ils m'attirent.
Impossible de répondre à pareille affirmation dont je ne savais si elle était un piège ou une confidence.
(…)
Je
quittai aussitôt les pages du livre qui me brûlait les paumes, en quête de
nouvelles lectures. La femme était là, vivante. Il fallait que mon Eurydice
m’accompagne jusqu’à ma lumière. Ne te retourne surtout pas, me disait le corps
impassible de Claire. Ne te retourne pas. Et cesse de tourner les pages. Tu
reviendrais sans cesse au même point. Seul.
(…)
Des
mots s’échappèrent. Et je vis sur le visage de Claire une belle et soudaine
lumière.
*****
mardi 15 août 2017
Écrire, inlassablement écrire...
Écrire
C’est
transmettre
Emprunter
des passerelles intérieures
Libérer
des frontières
Écrire
C’est
ouvrir la voie
Vers
la paix
Marcher
sur des pages intemporelles
Où
toutes les mémoires anciennes
Se
réveillent
Écrire
C’est
oser
Soi
L’autre
Dépasser
le visible
Ne
pas craindre l’impossible
Écrire
C’est
donner la force de l’instant
Et
poursuivre
D’une
page l’autre
Véracité
de la fiction
S’offrent
les veines du réel
samedi 29 avril 2017
L'heure est grave
Alors
que l’heure est grave, comment peut-on ne pas mesurer les priorités historiques
lorsque le néo-fascisme est aux portes du pouvoir et pourrait demain gouverner
la France ?
Il
est déconcertant de constater que l’histoire et tout le travail de mémoire qui
fut fait au cours de 7 décennies est presque réduit à néant au pays des droits
de l’homme. N’en porterait-il désormais que le nom ?
Comment
peut-on ?
La
gauche n’a pas su s’unir. Chacun y trouvera son coupable. Mais au vu des
résultats, elle aurait indéniablement été au second tour si elle avait su
dépasser tout ce que les dogmes, les egos et tout ce qui a empêché.
L’union
fait la force. L’ont-ils oublié ? L’extrême droite, elle, ne l’a pas
oublié et cela a malheureusement payé !
Emmanuel
Macron ne sera jamais le candidat de la gauche et il sera combattu par elle.
Mais en attendant, le risque est grand ! Voire irréversible. Lorsque la
réalité est là, on ne peut appuyer sur la touche « retour en
arrière » comme dans le virtuel !
La
gauche a un boulevard aux législatives pour combattre le programme d’Emmanuel
Macron. Mais si l’on se réveille le 7 mai au soir dans une France dirigée par
les néo-fascistes et le GUD en arrière-cour, je pense à tous ceux qui vont
souffrir dans leur quotidien. Nous sommes tous concernés.
Et
toutes les nuances partisanes, dialectiques ou autres, ne seront plus qu’un
rideau déchiré sur lequel la nouvelle dictature s’essuiera les mains. Elle sera
au pouvoir. Elle aura le doigt pour appuyer sur le bouton nucléaire, pour fermer
nos frontières, pour nous faire revenir en arrière. Elle aura la voix pour
envoyer les forces de l’ordre où bon lui semblera.
Et
tous les opposants, la liberté de la presse et tous ceux qui n’auront pas le
visage de ce pouvoir discriminatoire comprendront dans le réel et non plus dans
le virtuel le véritable et terrible sens du mot « dictature » !
Sous
le masque de l’ange blond, l’ange noir cire ses bottes !
L’heure
est grave. Les priorités face à l’histoire sont d’une indéniable évidence.
vendredi 14 avril 2017
GAO BO - L'essence des mondes
9 avril 2017
Dernier jour
Maison Européenne de la Photographie
Gao Bo
Le 10 il ne sera plus là
Le temps ne laisse aucune
alternative
Faire le pas ou laisser passer, alors
que l’on sait
Nul autre chemin.
Y aller.
Le sang. Les hommes. Souffrance.
Injustice. L’âme s’interroge. Traverse. Muette.
Du bois mort et des os.
Surface noire. Le blanc cherche la
lumière.
Une
Des
Couches qui étouffent.
L’arbre a 300 ans
Demeure le tronc
Est-ce la vie ?
Nos os
Nos cerveaux
Nous avons besoin de mots
Une corde où les lettres
L’échelle du sens
Celle du sang
Traces
Vanité du monde
Injustices
Le souffle
Création
Crémation
Illusion
Assemblage. Solitude ? Imaginaire…
L’aube se réveille avec la nuit dans le
corps
Et nous traversons somnambules
Toujours vivants
Quelque part. Là. Ailleurs.
Ici. Maintenant.
Je. Nous.
Toiles parchemin
D’une matière l’autre
L’être s’égare
Créateurs. Penseurs.
Certitude d’avoir trouvé.
Le néant ?
Le rien ?
Le grand tout qui absorbe ?
Être là fait du bien
Être s’interroge
Là
L’essentiel
Matière mutante cherche sa propre trace
dans les pièces métalliques.
Immense puzzle où la création.
Errance.
Pinceaux. Sable. Bois. Peinture. Son.
Ecran. Images. Mouvements. Noir et blanc. Rouge sang. Absence. Présence.
Résistance. Infinité des multipliés dans l’inconscience des mondes.
À notre insu
Tout se superpose
Sommes-nous tout cela ?
C’est quoi cela ?
C’est toi. C’est moi. C’est tous ceux
qui avant. Qui demain.
Fragments.
Je me retrouve innocemment dans ce
sang, dans ce bois mort, dans ces cordes, ces bandages et ces tiges
métalliques. Du sable fin pour remplacer les mots. Des mots pour dire tout ce
que les corps en leur mutisme…
Corps mutilés
Corps torturés
Ici
Brisé. Le sablier
Je cherche la lumière. J’ai désiré la
matière. Je suis. Nous sommes. Là.
Création. Le visible. L’invisible.
Mémoires anciennes. Anonymes. Beckett
et tous ceux…
La gomme dort au fond de l’encrier. Une
éponge noircie par tant de questions. Et l’esprit devient aérien car il ne
comprend plus rien. Ce rien qui dit tout. Au-delà des mots. Sans les mots. Sans
le bois. Sans rien.
Et toutes les souffrances des fleuves
Où l’injustice
Les tyrannies
Goutte à goutte. Les cris des peuples
opprimés.
Goutte à goutte. Le sang d’une voix
révoltée.
Dans les caisses de bois. Nos cendres.
L’art répond à l’art. Bandages.
La force onirique du lien
À se croire vivant
Nos vies
À construire des ponts.
Requiem n’est qu’un commencement
Premier cri silencieux
La note cristalline s’échappe de son
écrin.
Naissance
Souffrance
Et l’homme qui vient de naître s’absente
le temps d’une vie
Espaces
Interstices
Des pauses dans lesquelles le sommeil
Désirs de réel
Les ombres sur la toile
S’effacent tous les mystères
mercredi 8 mars 2017
Merci Monsieur Trintignant pour ce 7 mars 2017 - Salle Pleyel
Monsieur Trintignant,
Ce soir-là, j'étais là.
Votre voix magique. Intemporelle. Eternelle.
Profondeurs aériennes.
La poésie votre amie.
Sur l'une de vos cordes vocales, mon souffle s'est posé, arrêté, en apnée.
Il y demeure à jamais.
Ce soir-là, vous m'avez donné ce qui ne peut plus être altéré.
La pureté de l'essence retrouvée.
Ce soir-là, j'étais là.
Votre voix magique. Intemporelle. Eternelle.
Profondeurs aériennes.
La poésie votre amie.
Sur l'une de vos cordes vocales, mon souffle s'est posé, arrêté, en apnée.
Il y demeure à jamais.
Ce soir-là, vous m'avez donné ce qui ne peut plus être altéré.
La pureté de l'essence retrouvée.
samedi 18 février 2017
Fragments
L’amour
Du
duvet sur nos plaies
Un
pansement de lumière
L’obscurité
de nos chemins
Etrangers
passagers
Nos
pas nous défigurent
L’imposture
nous rassure
Le
cœur dénudé
Vers
nos rivages retrouvés
dimanche 12 février 2017
Le réel. Le virtuel. De la démocratie au fascisme ?
Réalité ? Fiction ? Vers quel
monde ?
Des écrans pour gommer les idées. Le
virtuel pour remplacer le réel. Des mensonges déguisés en scoops vérité.
L’information menacée.
Des tribuns pas malins pour les peuples
orphelins. Des dieux tous terrains pour reprendre la main.
Temps modernes. Nostalgie du
Moyen-Âge ?
Illusion du réel. Un cauchemar éveillé.
Le temps des faussaires.
La parole de l’huile sur le feu. La
parole du miel sur les plaies. La parole du vent dans l’assiette des indigents.
Les jours perdent la trace de leur
lumière sur des terres où autrefois elles en portaient le nom.
Les frontières abîment l’âme des
survivants qui continuent de rêver.
Par milliers, ils tentent leur chance
vers un monde meilleur.
Le réel ? Le virtuel ?
Des murs érigés. Des kilomètres de
barbelés.
Une ligne noire sur le corps de
l’espoir.
Indélébile cicatrice.
Comme si l’histoire n’avait servi à
rien !
Les peurs sont redevenues de vraies
valeurs.
Les tribuns égotiques des chemins
salvateurs.
Le dieu argent entre les mains d’une
poignée de mandarins. Pas des penseurs. Justes des tueurs. Alors, les autres
valeurs…
Et pendant ce temps, sur les bancs des
grandes écoles, on formate à la pelle.
L’argent doit maintenir son rang. Le
pouvoir ses descendants.
Eléments de langage. Compétitions
réelles autour d’écrans virtuels.
Moulage des têtes de gondoles.
L’image au détriment du fond sous la
houlette du dieu communication.
Mais tout cela convient bien à tous
ceux qui veulent conserver leurs privilèges. À outrance. Tous, au-dessus des
lois. Si l’un d’eux est pris. Les parrains ou les vassaux crient. Diffamation.
Au diapason.
Coopter devient le mot clé. La grande
chaîne des formatés. Autour du cou le même passe-partout. Ils viennent même de
trouver celui qui va les représenter. Derrière lui ils sont tous, en marche.
Du virtuel au réel. De la gauche vers
la droite. À y perdre son latin.
Etat policier. Ceux qui manifestent, tabassés,
emprisonnés, parfois…tués. L’hospitalité devenue un délit ! Réel. Pas
virtuel.
Inégalité. Injustice. Corruption.
Impunité. Les saignées, toujours du même côté.
Alors, la colère monte. Mais, la colère
n’est pas bonne conseillère.
Juste une leçon, murmurent les plus
timides. Croyez enfin en nous, vocifèrent les fascistes décomplexés.
Amnésie de l’histoire. Un grand nombre
à finir par y croire ! À faire monter le mercure dans les veines de la femme
parricide qui de jour en jour force sur le maquillage. S’efforçant ainsi d’effacer
son passé.
Qui veut le pouvoir au prix du sang du
père, peut le pire pour la nation convoitée !
Pour faire digression. Certains
cherchent une autre dimension.
Une femme et un plafond de verre.
Ils entendent déjà le bruit des éclats.
Mais celles qui ne seront jamais ses
sœurs, ne sont pas dupes.
Aucune ne se fera voler son combat avec
ces méthodes là !
La maman. La putain. Les temps n’ont
pas changé…Et le populisme ne recule devant rien pour repeindre sa façade.
Du virtuel au réel. Tout se nomme.
Un fasciste demeure un fasciste.
En robe ou en pantalon.
*****
jeudi 10 novembre 2016
I had a dream !
I had a dream
Je me souviens
Autrefois
La force des idées
Le courage des vrais combats
Pour la liberté l’égalité
Autrefois
La force de la pensée
Des débats où elle redonnait
La profondeur de l’être
Sa lumière intérieure
I had a dream
Où la beauté de la couleur des peaux
Coulait comme du miel
Sur les regards éteints
Baume salvateur
Ignorance éradiquée
Le temps d’un regard
Où les peurs s’évanouissaient
Parfois cela durait
Je me souviens
Autrefois
Les sexes sans distinction
Osaient défier les dieux
En leurs chairs libres
I had a dream
Yes we can
Enfin là
Je me souviens
Que seuls
Le savoir l’éducation la culture
Pansent les plaies de la misère
Je me souviens
D’un monde riche
D’hommes et de femmes
Au péril de leur vie
Leur combat pour la démocratie
Intarissable terreau
Le melting pot d’une terre juste
I had a dream
Sur l’épaule d’un géant à la peau noire
Je me souviens d’écrivains
À la plume audacieuse
Qu’aucune scène médiatique
N’aurait détourné de leur quête
intérieure
La postérité portera les germes
De ces précurseurs
Qui ont tenté de rendre notre monde
meilleur
I had a dream
Soudainement tout s’éteint
Lumière automnale
Autrefois le rêve américain
On savait bien
Qu’une partie du chemin
Mais
Pas ce cauchemar là
I have a dream
Aujourd’hui demain
La force d’une jeunesse
Le fil des anciens entre leurs mains
lundi 3 octobre 2016
Fragment d'une pensée révoltée par un monde qui succombe...
Quand la gauche tourne à vide. Que le
culte de la personnalité prévaut sur l’idéologie. Que l’ego prend le pas sur
l’intérêt collectif. Que les libertés muselées, la police musclée ; alors
que l’on vit dans une contrée encore labellisée « terre d’accueil et/ou
pays des droits de l’homme » !! Quel changement profond peut-on
attendre de ceux qui prétendent demain nous représenter ?
Vers qui se tourner pour se
rassembler ?
Pourquoi ce besoin d’un homme
providentiel auquel bon nombre ne croit plus ?
Que faire quand les mots ne passent
plus ?
Mouvement citoyen. Ne pas s’arrêter en
chemin. Certains perdurent, d’autres tentèrent momentanément l’aventure. Comme
jouer les pirates pour 2017. Un début de piste…Jusqu’à ce qu’ils fassent
demi-tour. Abandonnant les signataires sur le bas-côté d’un chemin qu’ils
avaient eux-mêmes tracés.
D’une erreur l’autre, il y a toujours un
pas qui enseigne.
Pas perdus,
Combien de temps allez-vous accepter de
voir enfermés les lanceurs d’alerte qui cherchent à vous informer dans un monde
où la presse muselée par des propriétaires, hommes d’affaires milliardaires ?
Pas silencieux,
Combien de temps allez-vous supporter
l’idée que vos représentants vous saignent, vous dupent, pendant qu’ils s’exonèrent
en leurs paradis fiscaux et jouent entre eux au jeu des chaises musicales pour
garder les postes clés en toute impunité ?
Pas solitaires,
Combien de temps allez-vous rester
passifs devant le spectacle affligeant de cette gauche morcelée où un à un les
postulants ramassent les morceaux et recollent le vase à leur effigie ?
Pas résignés,
Combien de temps allez-vous endurer
cette fatalité prémonitoire d’un nouveau second tour, escroc/facho, qui gomme
le moindre espoir d’entrevoir des lignes nouvelles ?
Nos pas immobiles, nos pensées
fatalistes, font de nous nos propres geôliers.
Que faut-il qu’il arrive pour que les
forces démocratiques redeviennent une opposition active et collective, à croire
encore possible les valeurs qui hier encore rassemblaient la gauche en sa
pluralité ?
Que faut-il qu’il arrive pour qu’une
majorité cesse de croire que tous les dangers viennent des étrangers ? Alors
que la véritable menace est la montée des populismes, le racisme, le fascisme
latent et l’état policier permanent !
samedi 13 août 2016
Le corps de l'écriture
À l’intérieur
de l’être
La force des
matières
Lettres d’encre
Cheminent vers
la source
Carnet géant
Confluence
Le corps de
l’écriture
S’éclipse la
sémantique
Photos droits réservés Michèle Gautard
samedi 2 juillet 2016
Il est mort le poète
Jour de colère
Je pense à
Dreyer
Jour de deuil
Ils pensent
tous à Bonnefoy
Un poète meurt
Il prend de la
valeur
Et tous ceux
qui rendent hommage
Pour être en
première page
Que font ils
pour la poésie
Lorsque les
poètes
En vie
À tous ceux qui
auraient pu
Lorsqu’il
aurait fallu
Vous les
officiels
Qui tenez les
ficelles
Lot de
consolation
Face à toutes
vos gesticulations
Il ne restera
de vivant
Dans les veines
De la nuit des
temps
Que leurs vers
mardi 28 juin 2016
Démocratie...si on avait su !!
« Qui laisse se perdre une liberté aujourd’hui ne
la retrouvera pas demain »
(Edwy Plenel)
En France, comme en Europe, lentement le fossé s’est
creusé entre les peuples et les élites. Enfermés dans leurs bulles, aucun cri
ne leur parvenait. Ils étaient à la barre. La tenait fermement. Bâbord.
Tribord. Mauvais capitaines crochet. Les peuples pouvaient bien protester,
seules les lois du marché, de la finance. Petits arrangements entre amis. D’un
poste l’autre. Chaises musicales. Funeste partition pour les peuples. Un à un
touchés. Sacrifices demandés…Requiem ! Et pendant ce temps…leurs paradis
fiscaux. Vive les lanceurs d’alerte ! Quelques tsunamis sur leurs rivages.
Fini les enfants sages.
La gauche française ne pouvait pas manger de ce pain-là !
Naïveté. Non. Elle allait résister, redonner…Faire au moins quelque chose…Non !
Elle aussi a fini par sombrer. Par devenir un valet. Et là, le monstre s’est
réveillé, s’est mis à vociférer. La haine s’est engouffrée.
Sécurité
La magie des barbelés
Quand la gauche s’éteint
Le fascisme n’est pas loin
Citoyens
Nous le sommes toujours
Nos valeurs
Simplement usurpées
Intactes
À l’intérieur
Nos rêves
Un peu ébranlés
Voter utile
Nous l’avons tous fait
Trahis
Nous l’avons tous été
Grisés par le pouvoir, nos dirigeants ont fini par
oublier qu’ils n’étaient que locataires !
En France, le roi soleil s’est réincarné, là où on ne
pouvait l’imaginer.
Un seul regard en son miroir…Il était déjà trop tard.
Certitude que la mécanique du vote utile marchera
toujours.
Avant tout la raison.
Au-delà, l’inconnu.
Et lorsqu’il y eut le frémissement d’un danger…Ils ont
lâché les chiens. Surfé sur la vague populiste…jusqu’à l’écume.
Comme autrefois, une partie du peuple s’est laissée
enivrer par les sirènes venimeuses…Oui, autrefois déjà là !
Non. Ici, c’est la terre d’accueil. Le pays des droits
de l’homme. Pas de ça chez nous. Nous les vainqueurs. Déclamations, à masquer
les années sombres de la collaboration, celles de la colonisation. À faire
oublier que ce sol est devenu sécuritaire et que des camps de misère parquent
tous ceux dont on ne veut pas voir la silhouette étrangère envahir nos rues.
Le drapeau de la nation…L’étendard derrière lequel
tout peut se passer…en toute légitimité. Tous s’en emparent. Lui le premier. Lui,
qui voit un à un s’éteindre ses rayons à force de nous prendre pour des cons.
Mimétisme déconcertant, inquiétant, pour tous ceux qui
lui avaient remis les clés. Il ne parlait pas cette langue là, il y a à
peine encore autrefois ! Les chiens aboient. Le sien tente de crier plus fort.
Etat sécuritaire. Manifestations interdites. Une dame sort des lunettes de son sac.
La police la matraque. Les jeunes manifestent pour leur avenir. La police
frappe, frappe, frappe cette jeunesse qui ne veut rien d’autre que de vivre décemment,
libre et en démocratie comme hier leurs parents.
Déchéance de la nationalité pour tous ceux. Non. Décidément,
il y a quelque chose de pourri au royaume de…Non. Au pays des droits de l’homme…Ah !
Qui aurait imaginé, il y a encore, à peine quelques
années, que tout cela…réalité !
Le fascisme en France ? En Europe ? Un vieil
épouvantail auquel personne ne croit…Juste pour faire peur. Rien de plus. Même
pas mal. Tout se rétablit avec le vote utile.
Et pourtant, qui croyait au Brexit !! Et la
suite… ??
Alors imaginons demain où un matin l’Europe se
réveillerait avec des dirigeants populistes ! Chacun se claquemurant
derrière son rideau de fer. Mêmes idées vacuité en bandoulière. Que s’y passerait
il ?
Ah ! Si j’avais su ! Mais tu as pourtant été
prévenu !! Regarde le Brexit et ses suites ! Pas de programme, juste
la haine…ensuite…la débâcle.
Quand il sera trop tard et que seul le souvenir de
leur colère deviendra la honte de tous ceux qui ont eu la faiblesse de céder à
la tentation machiavélique du populisme, qui tel un mauvais phénix, que
diront-ils ? C’était un raccourci. Juste pour leur faire peur. Piètre
catharsis !
Et de la force des leurres, il ne restera plus
que les yeux pour pleurer ou les armes à prendre pour défendre les droits et
les libertés. Accablantes réalités.
Imaginons une nouvelle fois, pour tous ceux qui n’y
croient toujours pas, ce que donnerait en France l’extrême droite au pouvoir,
alors que sous un gouvernement « dit de gauche », l’instauration d’un
état policier en fausse légitimité s’installe à perdurer ! Imaginons
une fraction de seconde l’arme nucléaire en de pareilles mains ! La
presse, la culture…J’entends déjà les braises crépiter…L’autodafé de tous ceux
qui dans la nostalgie ! Arrêt sur image. Arrêtons ce naufrage.
Non. Ce n’est pas un scénario catastrophe. Au siècle
dernier, qui pouvait imaginer que tout cela allait conduire là où nous savons.
Si la France et l’Europe prennent ce chemin…demain il
y aura d’autres wagons…
Ne laissons pas une nouvelle fois l’histoire nous
entraîner dans la honte d’un temps où le cycle des mauvaises saisons deviendra
inévitablement une terrifiante et douloureuse répétition.
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